L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé, dans un rapport publié le 10 juin 2026, les Forces rwandaises de défense et le groupe armé M23 d’avoir mené une vaste campagne de recrutement forcé, de détention arbitraire et de graves violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du CCongo
Dans ce document de 87 pages intitulé « La mort était partout : Détention arbitraire, meurtres et recrutement forcé commis par le M23 et les Forces rwandaises de défense », l’organisation affirme que des milliers de combattants capturés et de civils, dont des enfants âgés d’à peine 12 ans, ont été enrôlés de force entre mi-2024 et décembre 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.Selon HRW, les recrues étaient transférées vers les camps de formation militaire de Rumangabo et de Tshanzu, au Nord-Kivu, où elles auraient subi des actes de torture, des châtiments corporels, du travail forcé et d’autres mauvais traitements ayant parfois entraîné la mort.
L’organisation estime que ces abus, commis avec le soutien de militaires rwandais, constituent des crimes de guerre et pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité. « Le M23, soutenu par le Rwanda, gère des soi-disant camps de formation militaire où les recrues ont été soumises à des mauvais traitements et à des actes de torture », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch.
Pour étayer ses conclusions, Human Rights Watch indique avoir interrogé 102 anciens détenus, ainsi que des témoins et diverses sources issues des Nations Unies, des services de sécurité, des médias et du milieu diplomatique. L’enquête s’appuie également sur des vidéos, des photographies géolocalisées, des images satellitaires et une reconstruction en trois dimensions des camps concernés.
D’après le rapport, les combattants du M23 auraient multiplié les embuscades et les points de contrôle, procédant à des arrestations dans des hôpitaux, des églises et des écoles, ou convoquant des habitants sous de faux prétextes avant de les transporter de force vers les camps militaires. Human Rights Watch appelle les organisations régionales et les partenaires internationaux à faire pression sur Kigali afin de mettre fin à ces abus et de traduire les responsables en justice.
Christophe Munguakonkwa



