À travers une note officielle n°001/CPJ-SK/CTJ-I/2026, le Conseil Territorial de la Jeunesse d’Idjwi (CTJ Idjwi) tire la sonnette d’alarme sur la détérioration préoccupante de la situation sécuritaire dans le territoire d’Idjwi, en province du Sud-Kivu. Dans ce document adressé notamment à l’Administrateur du territoire, aux chefs de chefferies, aux ONG ainsi qu’aux agences onusiennes, la jeunesse locale dénonce une recrudescence des meurtres, vols à main armée et cas de justice populaire enregistrés entre juillet 2025 et février 2026.
Au total, onze incidents graves ont été documentés dans plusieurs villages, révélant un climat d’insécurité persistant.Parmi les cas recensés figurent des attaques à main armée à Kishumbu et Maganga/Muziri, des corps retrouvés sans vie dans différentes localités, ainsi que des personnes pendues ou victimes de justice populaire.
Les victimes, issues de divers groupements tels que Bunyakiri, Nyakalengwa, Mugote ou encore Bugorula, témoignent de l’ampleur du phénomène qui touche indistinctement jeunes, adultes et leaders communautaires.
Certains cas font état de violences extrêmes et de pertes matérielles importantes, accentuant la peur et la méfiance au sein de la population.Le CTJ Idjwi souligne que cette insécurité intervient dans un contexte régional déjà fragilisé par la guerre qui affecte l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon la note, la répétition et la gravité de ces actes constituent une violation grave des droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à la vie et à la sécurité. Au-delà de l’aspect sécuritaire, la situation a des répercussions économiques et sociales notables : ralentissement des activités commerciales, fragilisation de la cohésion sociale et érosion de la confiance envers les institutions.
Face à cette crise, le Conseil appelle à des enquêtes sérieuses, transparentes et indépendantes afin d’identifier et de sanctionner les auteurs de ces actes. Il exhorte les autorités territoriales, les services de sécurité et les partenaires nationaux et internationaux à renforcer les dispositifs de protection des populations.
La jeunesse d’Idjwi invite également les leaders communautaires et religieux à promouvoir le dialogue, la cohésion sociale et la prévention des conflits, tout en rappelant que la lutte contre l’impunité et le respect de l’État de droit demeurent des conditions essentielles pour préserver la paix et la stabilité sur l’île d’Idjwi.
Pascal Ngaboyeka



