Depuis des années, les populations de l’Ituri et du Nord-Kivu vivent sous la menace permanente des terroristes ADF. Une violence répétitive, brutale, presque banalisée, qui ne semble plus émouvoir suffisamment au-delà des zones meurtries. Pourtant, sur le terrain, l’horreur est bien réelle : des civils innocents égorgés, massacrés à la machette, abattus froidement, des maisons incendiées, des familles décimées.
Une barbarie qui dépasse l’entendement.
Le massacre de Bafwakoa, dans la nuit du mercredi au jeudi 2 avril, vient une fois de plus rappeler l’ampleur de cette tragédie.
Des conducteurs de motos-taxis et d’autres habitants ont été sauvagement tués, certains corps portant des signes de mutilation extrême. Le lendemain, à Niania, l’arrivée des dépouilles a plongé la population dans une douleur indescriptible. Cris de détresse, pleurs inconsolables, peur généralisée… toute une communauté traumatisée, confrontée à une violence devenue presque routinière.
Mais derrière l’émotion, une question persiste et dérange : jusqu’à quand ? Jusqu’à quand ces massacres vont-ils se répéter sans qu’une réponse réellement efficace ne soit apportée ? Car si les condamnations sont régulières et les promesses nombreuses, sur le terrain, les populations continuent de payer le prix fort, abandonnées à une insécurité chronique.
Ce drame ne peut plus être relégué au rang de simple fait divers.
Il s’agit d’une crise humanitaire et sécuritaire majeure qui interpelle directement la responsabilité de l’État congolais, mais aussi celle de tous les acteurs engagés dans la stabilisation de la région. L’absence de résultats tangibles face à ces crimes odieux nourrit un sentiment d’abandon et renforce l’audace des bourreaux.
L’heure n’est plus aux discours, mais aux actes. Des mesures fortes, cohérentes et durables doivent être prises pour mettre fin à ce cycle infernal de violence.
Car chaque jour d’inaction est une victoire pour la barbarie. Et chaque vie perdue est un échec collectif.
Jusqu’à quand faudra-t-il encore compter les morts avant que l’indignation se transforme enfin en action ?
Pascal Ngaboyeka



