Le Sénat de la République démocratique du Congo s’achemine vers un tournant décisif avec la vacance du poste de deuxième vice-président, consécutive à la démission du professeur Modeste Bahati Lukwebo. Cette dernière est intervenue dans un contexte de forte pression politique, marqué par le dépôt d’une motion de défiance soutenue par 83 sénateurs sur 109, précipitant ainsi la reconfiguration du bureau de la chambre haute.
Alors que deux candidatures étaient encore en lice, la sénatrice Françoise Bemba, membre du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a finalement décidé de se retirer de la course.
Ce désistement laisse désormais seul en compétition le sénateur Norbert Basengezi Katintima, autorité morale de l’Alliance des Nationalistes pour un Congo Émergent (ANCE). Sauf retournement de dernière minute, son élection apparaît comme une formalité.

Une ascension politique portée par l’expérience et les alliances
Fort d’une expérience politique éprouvée sur l’échiquier national, Norbert Basengezi Katintima, élu du Sud-Kivu, semble bénéficier d’un large soutien au sein de la majorité sénatoriale.
Son ascension au poste de deuxième vice-président du Sénat s’inscrit dans une logique de reconnaissance politique de son rôle dans la séquence électorale de 2018, marquée par l’alternance au sommet de l’État et l’accession de Félix Tshisekedi à la présidence, au terme du cycle de Joseph Kabila.
Acteur clé de cette période charnière, notamment à travers son implication au sein de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Basengezi Katintima s’est imposé comme une figure de loyauté institutionnelle et de stabilité politique.
Son engagement aux côtés du chef de l’État actuel Félix Tshisekedi est souvent présenté comme un gage de continuité dans les réformes et les efforts en faveur du bien-être des populations. Si son élection se confirme, le nouveau deuxième vice-président du Sénat aura un rôle déterminant à jouer dans le fonctionnement de la chambre Haute du Parlement.
Celle-ci est notamment chargée de voter les lois, en collaboration avec l’Assemblée nationale, de contrôler l’action du gouvernement et des entreprises publiques, ainsi que d’assurer la représentation des 26 provinces du pays.
Pascal Ngaboyeka



