La question du changement ou de la révision de la Constitution du 18 février 2006 continue de susciter de vifs débats au sein de la classe politique congolaise, mais intéresse également les étudiants en droit. À l’Université de Kinshasa (UNIKIN), plusieurs jeunes, formés par des professeurs de droit constitutionnel, expriment leurs avis sur la pertinence d’une telle initiative.
Pour eux, la Constitution prévoit déjà des modalités strictes pour sa révision, notamment à travers les articles 217, 219 et 220, et toute modification devrait être envisagée uniquement dans un contexte approprié, loin des crises sécuritaires et économiques qui frappent le pays, particulièrement dans l’Est.
Les étudiants interrogés, comme Marcelin Kombe, Fred Musaba et Michael Mulaya Nzeba, se montrent très critiques à l’égard de l’ambition présidentielle de modifier la Constitution. Ils soulignent que le pays fait face à des problèmes plus urgents que la révision constitutionnelle et rappellent que changer la Constitution équivaut à basculer vers une autre République, alors que la révision consiste seulement à retoucher certains articles.
Ils mettent également en garde contre le risque de renforcer l’insécurité, notamment par une possible exclusion des populations de l’Est lors d’un éventuel référendum, ce qui pourrait raviver les velléités de balkanisation.Seule Emeraude Ngalula, parmi les étudiantes interrogées, reconnait la légitimité d’une réforme constitutionnelle lorsque le droit ne correspond plus aux réalités sociales.
Cependant, elle souligne que la révision actuelle ne semble pas opportune, car les changements antérieurs n’ont guère amélioré la situation du pays. Ce débat, relancé par le président Tshisekedi fin 2024, avait été mis de côté en 2025 après la conquête de Goma et Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23, et il a même provoqué des tensions au Parlement, coûtant au sénateur Bahati Lukwebo son poste pour opposition à l’idée de révision constitutionnelle.
Marie Van



