Des représentants de la RDC et du Rwanda ont trouvé un terrain d’entente à Washington autour de nouvelles mesures visant à consolider le fragile accord de paix soutenu par les États-Unis, a annoncé mercredi la diplomatie américaine.
Réunis pendant deux jours, les délégués des deux pays se sont accordés sur des « mesures concrètes » destinées à apaiser les tensions et à améliorer la situation sécuritaire sur le terrain, selon un communiqué du Département d’État.
Pour la première fois, les États-Unis évoquent explicitement la présence de « mesures défensives » du Rwanda sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette position a été rendue publique par Massad Boulos, qui a résumé sur la plateforme X les conclusions d’une rencontre tenue ce week-end aux États-Unis entre les délégations congolaise et rwandaise.
Dans son message, il souligne la nécessité de « soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun », tout en évoquant un désengagement progressif des forces et la levée des « mesures défensives » du Rwanda dans des zones définies du territoire congolais.
Il mentionne également des efforts accrus attendus de la RDC pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda, ainsi que l’impératif de garantir la protection de tous les civils.Cette prise de position marque un tournant notable.

Jusqu’à présent, dans le cadre des discussions diplomatiques, notamment autour des Accords de Washington, ces « mesures défensives » étaient présentées comme étant strictement limitées au territoire rwandais. Leur évocation explicite en lien avec des zones situées en RDC pourrait ainsi être interprétée comme une reconnaissance implicite d’une présence rwandaise sur le sol congolais.
Ce développement intervient dans un contexte régional toujours tendu, où les relations entre Kinshasa et Kigali restent fragilisées par des accusations réciproques.
Tandis que la RDC dénonce régulièrement des incursions rwandaises sur son territoire et son soutien au M23/AFC, le Rwanda justifie ses actions par la nécessité de se prémunir contre les groupes armés hostiles opérant à partir de l’est congolais, notamment les FDLR qui selon Kigali serait appuyé par Kinshasa.
La déclaration conjointe évoque notamment un engagement réciproque à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays, ainsi qu’un calendrier de retrait des forces et une levée progressive des dispositifs défensifs.
Pascal Ngaboyeka



