Le journaliste et défenseur des droits humains Jeannot MUNGUAKONKWA Christophe vit dans la clandestinité depuis plusieurs mois dans le Sud-Kivu, une zone en grande partie contrôlée par les rebelles du M23/AFC. En cause, ses productions médiatiques jugées sensibles, portant notamment sur des questions sécuritaires, humanitaires et socio-économiques.
Selon son témoignage, sa situation s’est brutalement détériorée après la compromission de son téléphone par les services de renseignements du mouvement rebelle.Craignant d’être localisé, il a été contraint de couper toute communication et de quitter précipitamment son domicile, où des individus venaient régulièrement à sa recherche.
Depuis, le journaliste affirme vivre caché dans une zone rurale isolée, toujours sous contrôle des rebelles, faute de moyens pour quitter la région. Sa peur s’est intensifiée après son interpellation d’un de ses confrères, soumis à un interrogatoire sous forte contrainte.
Au cours de cet épisode, des menaces explicites auraient été proférées à son encontre, promettant de le retrouver « vivant ou mort » afin de faire de son cas un exemple dissuasif pour d’autres journalistes.
Dans ce contexte, il redoute que des informations permettant de le localiser soient obtenues à tout moment sous la pression exercée sur ses proches ou collègues.Journaliste depuis quatre ans et diplômé en 2022, Christophe MUNGUAKONKWA collabore depuis juillet 2024 avec le média en ligne Laproximité.Cd.
Très actif sur les questions liées aux droits humains, il animait également une émission hebdomadaire à caractère humanitaire sur une radio locale, ce qui a accru sa visibilité.Il explique que les services de renseignements du M23, parfaitement informés de ses activités, imposent des restrictions strictes aux journalistes opérant dans les zones sous leur contrôle, notamment l’interdiction de transmettre des informations vers Kinshasa ou de relayer des sources jugées contraires à leurs intérêts.
Les faits les plus graves remontent à son interpellation, au cours de laquelle il affirme avoir été violemment agressé et menacé de mort.Les rebelles l’accusent d’avoir transmis à Kinshasa des images et des informations sensibles, notamment sur des opérations menées en mars dernier, incluant des expulsions forcées de civils.
La découverte, dans son téléphone, de contenus préparatoires liés à ces sujets a été interprétée comme une preuve à charge. Depuis, un enregistrement audio circulant dans la zone le désigne ouvertement comme un journaliste « pro-Kinshasa », alimentant une hostilité croissante à son encontre.
Actuellement en fuite et activement recherché, il estime que sa vie est en danger immédiat et lance un appel urgent à la protection des organisations de défense des droits humains.
Son collègue, Pascal Ngaboyeka, directeur des publications au sein du même média www.laproximite.cd, est également activement recherché par certains responsables du mouvement, en raison de la publication, selon plusieurs sources proches des rebelles, de contenus émanant de son confrère et jugés contraires aux intérêts du mouvement.
Nous apprenons que Pascal Ngaboyeka vit désormais dans la discrétion, craignant pour sa sécurité.
Alex Pangadi



