Réunis la semaine dernière à Bukavu sous l’égide de l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP), les acteurs de la société civile du Sud-Kivu ont affirmé qu’aucun processus de paix ne peut aboutir sans s’attaquer aux causes profondes du conflit et sans représentants crédibles.
Face à la multiplication des initiatives diplomatiques (Nairobi, Luanda, Doha, Washington), ils refusent de jouer un rôle passif et dénoncent les manipulations identitaires, les cycles électoraux opaques, la corruption, l’exploitation illicite des ressources et les ingérences étrangères comme facteurs structurels de l’instabilité en RDC.
Estimant que la réussite du dialogue dépend de la qualité des négociateurs, la société civile exige un profil strict pour ses délégués : un ancrage réel au Sud-Kivu, la capacité à fédérer, une expertise avérée des dynamiques sécuritaires et de la médiation, une indépendance vis-à-vis des partis politiques, ainsi qu’une obligation de redevabilité envers la population. Pour elle, le choix des représentants doit répondre à une vision stratégique collective et non à des intérêts opportunistes.
Au-delà des profils, les participants ont défini un agenda centré sur la justice et l’humain, incluant la justice transitionnelle, la protection des droits humains, le retour des déplacés et réfugiés, la sécurisation foncière et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Tout en soutenant les efforts diplomatiques en cours, ils appellent à un dialogue inclusif, sincère et libéré des blocages inutiles, se positionnant comme vigie engagée pour une paix durable en RDC.
Alex Pangadi



