Mgr Donatien Nshole rejette les accusations de l’Union sacrée et dénonce une « diversion »

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Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, a vivement réagi à la déclaration de l’Union sacrée l’accusant, avec certains évêques catholiques, de servir les intérêts de l’ancien président Joseph Kabila, du Rwanda de Paul Kagame et de l’AFC/M23.

Dans une sortie médiatique musclée, le prélat a exprimé son « sentiment de pitié » face à des accusations qu’il juge déplacées au regard des défis majeurs auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. Il a notamment évoqué la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays ainsi que la recrudescence des cas d’Ebola, estimant que les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur ces urgences plutôt que sur des polémiques.

Mgr Nshole a également dénoncé ce qu’il qualifie de « malhonnêteté intellectuelle » dans la manière dont l’Union sacrée présente la position de l’Église catholique. Réagissant à l’expression « quelques évêques » utilisée dans la déclaration, il a rappelé que les prélats réunis s’étaient exprimés de manière unanime, comparant cette situation au fonctionnement des institutions où les décisions prises avec quorum ne sont jamais attribuées à « quelques députés » ou « quelques sénateurs ».

Il a salué le courage des membres de l’Union sacrée qui se sont désolidarisés de cette prise de position et a regretté que certains catholiques aient, selon lui, sacrifié leurs valeurs chrétiennes au profit d’intérêts politiques.
Pour le secrétaire général de la CENCO, les accusations de subversion portées contre l’Église relèvent davantage d’une stratégie de diversion destinée à détourner l’attention de l’opinion publique.

Il a rappelé que la CENCO est demeurée constante dans ses prises de position, quelles que soient les autorités en place, soulignant que les mêmes critiques formulées aujourd’hui contre le pouvoir avaient été applaudies lorsqu’elles visaient l’ancien régime de Joseph Kabila. « Le pays va très mal. Le pays est en danger », a-t-il insisté, appelant tous les Congolais à se mobiliser pour la réunification du territoire national et le retour de la paix.

Abordant la question de la révision constitutionnelle et d’un éventuel référendum, Mgr Nshole s’est montré particulièrement préoccupé. Il a estimé qu’une telle démarche dans le contexte actuel risquerait de consacrer la balkanisation du pays, alors qu’une partie du territoire échappe encore au contrôle de l’État.

Le prélat s’est même interrogé sur l’existence d’un éventuel « deal » entre Kinshasa et Kigali, affirmant que l’organisation d’un référendum sans la participation effective des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reviendrait à reconnaître implicitement leur exclusion de la nation congolaise. Selon lui, ceux qui soutiennent une telle option seraient davantage exposés aux soupçons de connivence avec le Rwanda que l’Église catholique elle-même.

Alex Pangadi

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