De retour d’Arusha, en Tanzanie, Justin Nkumbarhi dresse un bilan positif d’une formation stratégique de haut niveau organisée par TRAPCA et ESAMI, en collaboration avec l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique. Pendant cinq jours intensifs, des participants venus du Burundi, du Rwanda, du Kenya, de la Tanzanie et de la République démocratique du Congo ont réfléchi aux mécanismes permettant aux produits agroécologiques congolais de pénétrer efficacement le marché régional de l’Communauté d’Afrique de l’Est.
Placée sous le thème « Navigation dans les réglementations du commerce transfrontalier et dynamique du marché des produits agroécologiques », la formation a mis en lumière les opportunités qu’offre l’adhésion de la RDC à l’EAC. Cet espace économique représente aujourd’hui plus de 300 millions de consommateurs pour un produit intérieur brut combiné estimé à environ 300 milliards de dollars.
Un potentiel considérable pour les filières durables congolaises, à condition de maîtriser les exigences techniques, normatives et commerciales du marché régional.
Pour Justin Nkumbarhi, engagé dans la restauration des paysages à travers l’appui-conseil aux champions soutenus par World Resources Institute Africa et ses partenaires, cette formation constitue un levier essentiel.
« Le marché reste le moteur le plus puissant d’incitation », souligne-t-il. Selon lui, lorsque les communautés perçoivent une réelle valeur économique de leurs produits, elles deviennent les premières protectrices de leurs terres et actrices de la restauration environnementale.
Au terme des travaux, les participants ont acquis des outils concrets pour décrypter les normes du commerce régional, identifier les barrières non tarifaires et transformer le potentiel agroécologique de la RDC en avantage compétitif.
Un défi de taille, certes, mais qui ouvre la voie à une ambition claire : faire des producteurs congolais non plus de simples spectateurs, mais des acteurs majeurs du commerce au sein de l’EAC, renchérit-il.
Pascal Ngaboyeka



