Université de Kinshasa : quand les amphithéâtres racontent l’abandon de l’enseignement supérieur

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L’Université de Kinshasa est au cœur d’une vive polémique depuis la publication, sur le réseau social X (anciennement Twitter), de photos prises par le Professeur Laurent Onyemba. Ces images, partagées presque innocemment, montrent le début de son cours de Contentieux administratif pour l’année académique 2025-2026.

Mais loin de susciter une simple réaction académique, elles ont provoqué une véritable onde de choc au sein de l’opinion publique. Les clichés révèlent des salles de cours délabrées, insalubres et indignes, suscitant une question fondamentale : comment former l’élite de demain dans de telles conditions ? Ces espaces, censés préparer les futurs cadres administratifs et juristes du pays, peinent aujourd’hui à garantir un minimum de dignité aux étudiants comme aux enseignants.

Murs fissurés, bancs délabrés, manque d’entretien et insalubrité témoignent d’un abandon progressif des infrastructures universitaires. Pour beaucoup d’observateurs, ces images traduisent un malaise profond dans le système de l’enseignement supérieur congolais, où les ambitions académiques se heurtent à une réalité matérielle alarmante.

Pourtant, l’Université de Kinshasa, autrefois connue sous le nom de Lovanium, fut dans les années 1960 un véritable joyau intellectuel en Afrique. Dotée d’infrastructures modernes, d’un encadrement rigoureux et d’un rayonnement international, elle incarnait l’excellence académique du continent.

Des générations de cadres, de chercheurs et de dirigeants y ont été formées, contribuant au développement du pays et au prestige de la nation.Aujourd’hui, le contraste est saisissant. La dégradation avancée des amphithéâtres et des salles de cours symbolise une forme de renoncement collectif à investir dans l’avenir. En laissant les lieux du savoir se détériorer, c’est toute une vision du progrès qui s’effrite.

Que devient une société lorsque ses temples de la connaissance sont relégués au second plan ?Face à cette situation, étudiants, enseignants et acteurs de la société civile appellent à une prise de conscience urgente.

Ils réclament des investissements conséquents, une meilleure gouvernance universitaire et une politique publique ambitieuse en faveur de l’enseignement supérieur. Car réhabiliter l’Université de Kinshasa, ce n’est pas seulement restaurer des bâtiments : c’est redonner espoir à une jeunesse avide de savoir et réaffirmer la place du savoir dans le projet national.

Pascal Ngaboyeka

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