2025 : une année sacrifiée sur l’autel de la guerre et de l’indifférence

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Il faut avoir le courage de le dire : 2025 a été une année presque sacrifiée pour une grande partie de la population congolaise, particulièrement celle vivant dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Pendant que les discours se multipliaient, la guerre, elle, n’a jamais marqué de pause.

Elle a continué à broyer des vies, à paralyser l’économie locale et à priver des milliers de citoyens de leur droit le plus élémentaire : vivre en paix et travailler dignement.

Dans les zones affectées par l’insécurité, le travail s’est arrêté, non par choix mais par contrainte. Des champs sont restés abandonnés, des commerces ont fermé, des jeunes ont vu leur avenir se dissoudre dans le chômage forcé.

À cette crise économique s’est ajoutée une tragédie humaine de grande ampleur : des milliers de déplacés internes, entassés dans des sites de fortune, survivant grâce à l’aide humanitaire insuffisante, tandis que des innocents perdaient la vie dans un silence trop souvent assourdissant.

2025 a aussi mis en lumière une fatigue collective, une lassitude profonde face à une crise qui semble interminable. L’impression d’abandon, le sentiment que la souffrance de l’Est est devenue une routine acceptable, ont renforcé la colère et la frustration.

Comment expliquer qu’année après année, les mêmes drames se répètent, sans solutions durables, sans justice réelle pour les victimes, sans réponses claires pour les populations meurtries ?Pourtant, réduire 2025 à une simple année « merdique » serait passer à côté d’une vérité essentielle. Cette année a aussi été un révélateur.

Elle a exposé les failles de la gouvernance, l’urgence de replacer l’humain au centre des priorités et la nécessité d’une mobilisation sincère pour la paix. Elle a montré que la résilience du peuple congolais ne doit plus être exploitée comme une excuse à l’inaction. L’histoire retiendra peut-être 2025 comme une année de souffrance, mais elle peut encore devenir un point de rupture.

Un moment où la Nation décide que trop, c’est trop. Car aucune reconstruction n’est possible sans sécurité, aucune paix n’est durable sans justice, et aucun avenir ne peut se bâtir sur l’oubli des morts innocents. L’Est de la RDC mérite mieux qu’une succession d’années perdues. Il mérite enfin la paix.

Pascal Ngaboyeka

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