Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque métropolitain de Lubumbashi et président de la CENCO, dresse un constat sévère sur l’exploitation des ressources naturelles en République démocratique du Congo, qu’il qualifie d’injuste et déshumanisante
Il dénonce une perception réductrice du pays, considéré uniquement comme un réservoir de minerais stratégiques au service de la transition énergétique mondiale, sans égard pour les besoins fondamentaux des populations congolaises.
Le prélat critique également les mécanismes de prise de décision autour des ressources naturelles, souvent opérés loin des communautés concernées et sans leur consentement réel. Il fustige des accords de coopération qu’il juge déséquilibrés et fondés davantage sur la convoitise que sur de véritables partenariats équitables, soulignant que ces pratiques bafouent la dignité et les aspirations au développement des Congolais.
Monseigneur Muteba va plus loin en parlant d’un profond déséquilibre géostratégique dont la RDC serait victime, assimilable à une nouvelle forme de colonialisme, cette fois économique. Il déplore le manque d’intérêt réel pour le développement du peuple congolais et regrette la complicité de certains acteurs nationaux dans ce système qui perpétue la dépendance et l’injustice.
Enfin, il alerte sur les conséquences à long terme des accords d’exploitation minière, notamment ceux conclus pour des durées excessives, comme les contrats de 99 ans. Pour lui, hypothéquer des ressources non renouvelables compromet gravement l’avenir des générations futures et expose la RDC au risque de devenir un champ de rivalités entre grandes puissances.
À travers cette homélie, prononcée à la veille de Noël 2025, il lance un appel pressant à une gestion éthique, souveraine et humaine des ressources naturelles du pays.
Alex Pangadi



