Le rappeur français d’origine congolaise Youssoupha Mabiki a créé la surprise, samedi soir, lors de son concert au Zénith de Paris – La Villette. Devant un public médusé, l’artiste, connu pour son attachement profond à la République démocratique du Congo, a livré un discours d’une rare virulence contre les dirigeants congolais.
Se présentant toujours comme le « lyriciste bantou », Youssoupha n’a pas mâché ses mots. Une phrase, en particulier, a immédiatement enflammé les réseaux sociaux :
« Paul Kagame, il faut le condamner. Mais il faut reconnaître que ceux qui dirigent le Congo n’aiment ni le Congo ni les Congolais. »
Une déclaration forte, dans un contexte où toute critique du régime de Félix Tshisekedi est souvent assimilée à de la trahison, à de l’infiltration ou à un alignement sur les positions rwandaises.
Avec cette sortie fracassante, Youssoupha rejoint Damso et d’autres figures culturelles congolaises de plus en plus nombreuses à briser le silence sur ce qu’elles considèrent comme une mauvaise gouvernance en RDC.
Cette prise de position pourrait marquer un tournant dans le débat public, en renforçant le lien entre diaspora, culture et engagement politique, mais aussi en ravivant les tensions entre pouvoir et artistes.
Sylvestre Bazibukage



