Contrairement aux annonces relayées dans l’opinion, les Présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ne signeront pas un nouvel accord de paix ce jeudi 4 décembre 2025 à Washington. C’est ce qu’a précisé l’analyste BOLA Frédéric dans une mise au point publiée sur X (anciennement Twitter).
Selon lui, l’accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda a déjà été signé le 27 juin 2025 à Washington. La rencontre du 4 décembre s’inscrit plutôt dans la mise en œuvre du point 6 de cet accord, lequel prévoit la conclusion d’un Accord sur le Cadre d’Intégration Économique Régionale (CIER).
Un processus déjà enclenché depuis août
Toujours selon BOLA Frédéric, les principes de ce Cadre d’intégration économique régionale avaient déjà été paraphés le 1er août 2025 à Washington par les représentants des deux pays, dont M. Wameso pour la RDC.
La cérémonie du 4 décembre devrait donc consacrer la signature officielle de cet accord économique, destiné à accompagner le processus de paix.Une asymétrie juridique entre Kigali et KinshasaLà où la controverse s’installe, c’est sur le respect des procédures constitutionnelles dans les deux pays.
Au Rwanda, le Président Paul Kagame aurait respecté les prescrits constitutionnels. L’accord de paix du 27 juin 2025 a été ratifié le 25 août 2025 après autorisation du Parlement, conformément à l’article 168 de la Constitution rwandaise. Dès lors, la signature du CIER est considérée comme légale et légitime.
En RDC, en revanche, BOLA Frédéric affirme que le Président Félix Tshisekedi n’a ni soumis l’accord de paix au Parlement, ni obtenu l’autorisation de ratification, comme l’exigent les articles 213 et 214 de la Constitution congolaise. Dans ces conditions, la signature du CIER interviendrait, selon lui, en violation de la Constitution.
Un enjeu politique et institutionnel majeur
Cette situation soulève de sérieuses interrogations juridiques et politiques en RDC, au moment où le pays s’apprête à s’engager dans un cadre d’intégration économique régionale avec un voisin longtemps accusé d’ingérences et d’agressions armées à l’Est du pays.
Si le CIER apparaît comme un instrument de coopération économique post-conflit, sa légitimité interne reste contestée, en l’absence de validation parlementaire du traité de paix qui en constitue le fondement.
Pascal Ngaboyeka



