Dans une déclaration au ton particulièrement critique, Jean-Claude Kibala s’en est vivement pris au pouvoir en place et à l’UDPS, remettant en cause aussi bien la légitimité politique du régime que son bilan de gouvernance. Selon lui, le parti présidentiel entretient une image de force populaire qui ne correspondrait pas à la réalité du terrain.
Il affirme notamment que, depuis sa création, l’UDPS n’aurait jamais remporté seule une élection nationale, soutenant que l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême résulterait davantage d’arrangements politiques que d’une victoire électorale proprement dite.
Jean-Claude Kibala critique également ce qu’il considère comme une instrumentalisation du discours de la “force du terrain” par les dirigeants du parti au ppouvoir
À ses yeux, cette rhétorique contraste fortement avec les réalités vécues dans plusieurs provinces du pays, notamment dans les 145 territoires confrontés au manque d’infrastructures, à l’absence de services sociaux de base et à l’insécurité persistante. Il estime que l’État peine à exercer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire national, alors que certaines zones restent sous l’influence de groupes armés ou d’intérêts économiques liés aux ressources minières.
L’ancien vice-gouverneur du Sud-Kivu et ministre honoraire de la Fonction publique dénonce par ailleurs une gouvernance qu’il qualifie de “prédatrice”, accusant certains responsables politiques de s’être éloignés des idéaux qu’ils défendaient autrefois dans l’opposition.
Pour lui, les promesses de changement auraient laissé place à l’enrichissement personnel, à une gestion opaque des affaires publiques et à une économie marquée par la spéculation et la dépréciation monétaire. Il accuse aussi le régime d’entretenir une politique de démonstration populaire à travers des mobilisations de masse dans les stades, tout en réduisant l’espace démocratique.
Dans sa sortie médiatique, Jean-Claude Kibala évoque également des atteintes aux libertés publiques. Il accuse le pouvoir de faire pression sur les médias, d’intimider les opposants et d’empêcher certaines figures politiques de rentrer librement au pays.
À travers cette charge politique, il tente de repositionner une opposition qu’il présente comme porteuse d’un discours de vérité face à un régime qu’il juge davantage préoccupé par sa survie politique que par les véritables priorités nationales.
Pascal Ngaboyeka



