Ces dernières semaines du mois de novembre, plusieurs villages de l’île d’Idjwi, dans le lac Kivu, ont été durement touchés par des éboulements de terre. Ces incidents, provoqués par les fortes pluies, ont causé d’importants dégâts matériels et exposent les habitants à des risques croissants.
Selon des sources locales, l’intensité des pluies a fragilisé les sols des collines, entraînant des glissements dans les zones les plus escarpées.
Villages touchés par groupement
Groupement MUGOTE : Kabingu, Bwando, Lubuye, Musama, Buhoro 2, Buhyangali et Bwiru.
Groupement NYAKALENGWA : Rambo, Boza, Bwina et Buhagwa
Groupement MPENE : Chamahiri, Casi, Muhyahya et Kabuye
Chefferie RUBENGA (Nord) : Kibanda, Lweza, Muziri Mafula et Buyumbu.
« Nous avons perdu nos champs et certaines maisons ont été partiellement détruites. Des fissures apparaissent partout. Nous passons la nuit debout, par peur », témoigne Kyuma Byamungu, président du Comité de développement du groupement MUGOTE.
Aucun décès n’a été signalé, mais la population reste dans la crainte d’un nouvel effondrement.
Des interventions jugées urgentes
Les autorités locales, appuyées par certaines organisations humanitaires, appellent à la mise en œuvre rapide de mesures pour limiter les dégâts et protéger la population.

Parmi les recommandations figurent :
- Reboisement et protection des pentes
Planter des arbres et herbes à racines profondes pour stabiliser les sols
Protéger les forêts existantes et lutter contre la coupe illégale - Aménagement du territoire
Interdire les constructions et cultures sur les zones à très forte pente
Créer des zones tampons interdites à l’occupation humaine - Techniques agricoles adaptées
Promouvoir l’agroforesterie
Utiliser des courbes de niveau, banquettes et digues en pierre pour réduire l’érosion
Encourager les cultures de couverture - Drainage efficace des eaux
Construire des canaux pour évacuer les eaux de pluie
Éviter la stagnation d’eau au sommet des pentes
Sensibilisation communautaire
Informer les habitants sur les risques d’éboulement
Promouvoir des pratiques agricoles durables et une construction responsable
- Surveillance et alerte précoce.
Identifier les zones à risque avec l’appui d’experts
Installer des systèmes d’alerte communautaires lors de fortes pluies.
Une vulnérabilité structurelle
Du fait de sa topographie montagneuse, l’île d’Idjwi reste particulièrement exposée aux catastrophes naturelles. Cette vulnérabilité est accentuée par la déforestation, l’exploitation agricole sur pente et l’absence d’un aménagement adapté du territoire.
Depuis l’île d’Idjwi, Albert CINYABUGUMA



