Les propos tenus par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, affirmant que la guerre resterait « très loin de la capitale congolaise », continuent de susciter de vives réactions. Le parti Envol, cher à Delly Sesanga, n’a pas tardé à monter au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« aveu d’impuissance » du pouvoir en place.
Dans une déclaration ferme, le Secrétaire général d’Envol, Rodrigue Ramazani, a fustigé les mots du ministre de la Communication, y voyant une contradiction dangereuse dans le discours officiel.
« La folie de ce régime ne se cache même plus. Comment peut-on se dire souverainiste tout en légitimant, même indirectement, la balkanisation du pays ? Le Président Delly Sesanga nous avait avertis. Le nouveau narratif du régime Tshisekedi est un aveu d’impuissance assumée. Il ressemble à une capitulation : à Kinshasa, on se bunkerise, pour plus d’un milliard de dollars par an pris au Trésor public au profit de la Présidence ; à l’Est, on laisse balkaniser en abandonnant les populations à l’occupation. Deux faces d’une même haute trahison ! », a dénoncé le numéro deux du parti.
Les récriminations touchent même les rangs de l’AFC-M23.
Les propos de Patrick Muyaya ont également provoqué des réactions du côté des rebelles de l’AFC-M23, irrités par ce qu’ils considèrent comme des déclarations provocatrices et inappropriées dans un contexte sécuritaire aussi tendu.
Ce qu’a dit Patrick Muyaya
S’exprimant mercredi lors d’une conférence, le porte-parole du gouvernement a tenté de relativiser l’ampleur de la crise sécuritaire dans l’Est :
« En parlant de paix, je ne voudrais pas réduire la portée de la crise, parce qu’elle nous affecte tous, mais cela représente combien de pour-cent sur 2 345 000 km² ?», a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : « La propension de certaines personnes, surtout à l’extérieur, c’est de réduire notre pays à la guerre. Certains visiteurs arrivent à Kinshasa surpris, disant : “Avant de venir ici, on nous disait que ça tirait de partout.” »
Patrick Muyaya a encouragé les investisseurs à voir dans les défis actuels du pays « des opportunités d’entreprendre et d’investir ».
Alex Pangadi



