Lors d’une tournée effectuée ce mardi 18 novembre 2025 sur plusieurs axes routiers des chefferies Ntambuka et Rubenga, le reporter de votre média a constaté une dégradation alarmante de l’état des rroutes
Le calvaire vécu par les usagers appelle à une prise de conscience collective et à une action urgente de toutes les parties prenantes.
Dans le village de Buzibu, dans le groupement Mpene en chefferie Ntambuka, le pont Kisheke, construit il y a quelques années grâce au financement du PNUD, présente aujourd’hui de sérieux signes de fragilité et risque de s’effondrer.
En cause : l’exploitation artisanale et incontrôlée du sable, devenue une activité économique florissante pour certains notables et commerçants d’Idjwi. Cette pratique plonge les deux chefferies dans une situation critique en compromettant gravement l’accessibilité.
Mal encadrée, l’extraction du sable entraîne une dégradation accélérée des routes, affectant la mobilité des populations et l’accès aux services sociaux de base.

Les autorités locales sont appelées à agir de manière urgente et à sanctionner sévèrement les exploitants responsables de la destruction de ces infrastructures vitales.
Au village de Chamahiri, la situation est tout aussi préoccupante : la route est presque inexistante à cause de l’exploitation abusive du sable, un constat amer pour tous les habitants.
Des acteurs de la société civile environnementale du territoire insulaire d’Idjwi soulignent que l’extraction du sable se fait partout : autour des ponts, le long des routes ou encore dans les rivières avoisinantes.
Le tout, sans études d’impact environnemental ni autorisation légale. Les transporteurs, quant à eux, circulent avec des véhicules surchargés, aggravant encore la détérioration des pistes en terre.
Selon Zaza Mutabazi, l’un des membres de cette structure citoyenne, les conséquences sont multiples :
Effondrement des berges routières à cause de carrières non stabilisées ;
apparition de nids-de-poule, ornières et poussière excessive ;
coupure de voies d’accès en saison des pluies.
La population en paie un lourd tribut, confrontée à d’énormes difficultés telles que :
le transport des produits agricoles vers les marchés ;
la hausse des coûts de transport ;
les retards dans l’accès aux soins de santé et à l’éducation.

D’autres observateurs pointent l’absence de contrôle des autorités locales, le manque de sensibilisation des exploitants et la recherche de gains économiques immédiats, qui aggravent davantage la situation.
Face à cette dégradation préoccupante, il devient urgent que les autorités locales, les services de l’environnement et les partenaires techniques interviennent. Une sensibilisation accrue des exploitants au respect des normes et à la préservation des infrastructures publiques s’impose également.
Parmi les actions prioritaires recommandées :
encadrer légalement l’exploitation du sable ;
réhabiliter les routes endommagées ;
mettre en place des comités de surveillance communautaires ;
promouvoir des techniques d’extraction durables.
Albert Cinyabuguma



