Procès J. Kabila : « n’existe-t-il pas une voix courageuse dans l’entourage de Félix Tshisekedi pour lui rappeler le danger d’exploser en spectacle humiliant un ancien chef de l’État ? » (opinion)

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Faut-il donc croire qu’au sein de l’entourage du Président Félix Tshisekedi, il ne se trouve aucun homme, aucune voix courageuse pour lui rappeler le danger de la voie empruntée par son régime? Traîner un ancien Chef de l’État comme un vulgaire citoyen et l’exposer en spectacle humiliant n’est pas seulement un affront à sa personne, c’est un précédent lourd de conséquences.

Car l’histoire de notre pays l’a toujours montré : ceux qui croient aujourd’hui détenir le pouvoir absolu oublieront qu’ils seront, demain, à leur tour jugés par le même système qu’ils contribuent à déchaînes.

Dans un pays aussi instable que le nôtre, où la première alternance de notre histoire s’est faite dans la douleur, semer une telle jurisprudence revient à préparer ses propres chaînes. Dans moins de 3 ans peut-être, ceux qui rient aujourd’hui pourraient pleurer à leur tour, écrit le chercheur Benjamin Babunga.

Peine de mort requise pour l’ex chef de l’État

Le ministère public a requis, ce vendredi 22 août, la peine de mort contre Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo et sénateur à vie, pour trahison, crimes de guerre, organisation d’un mouvement insurrectionnel, et complot, tout en demandant la mise sous séquestre de l’ensemble de ses biens.

Le procureur général, Lucien René Likulia, a présenté Joseph Kabila comme l’instigateur intellectuel des exactions commises par les rebelles de l’AFC/M23 dans l’Est du pays. Il a souligné que les violences — meurtres, viols, déportations, destructions — ont causé des préjudices massifs à la République, justifiant une responsabilité pénale individuelle.

Outre la peine capitale, le ministère public a requis :

20 ans de prison pour apologie de crimes de guerre,
15 ans de prison pour complot,
Arrestation immédiate du prévenu,
Condamnation aux frais et contrainte par corps.

24 mmilliards de dollars réclamés à Joseph Kabila

Au procès contre Joseph Kabila, président honoraire et sénateur à vie, jeudi 22 août, les avocats de la partie civile réclament plus de 24 milliards des dollars au titre des dommages et intérêts causés à l’État congolais par l’ancien président de la République.Lors de cette audience publique, les avocats ont plaidé pour que l’infraction initiale de trahison soit requalifiée en espionnage, arguant que Joseph Kabila serait un étranger d’origine rwandaise ayant usurpé la nationalité congolaise.

Ils demandent sa déchéance de nationalité, affirmant que son identité aurait été falsifiée par feu le ministre de la Défense Ngoy Mukena, qui lui aurait attribué le nom de Kabange, alors qu’il s’appellerait en réalité Hyppolite Kanambe.A l’audience introductive, le ministère public avait présenté Kabila comme Congolais, fils de Laurent-Désiré Kabila et Mme Sifa, confirmant sa nationalité congolaise.

Cette divergence sur l’identité du prévenu est au cœur des tensions entre les parties. Le verdict de la Haute Cour militaire est attendu dans les prochains jours. Ce procès, inédit dans l’histoire politique du pays, suscite une vive attention nationale et internationale, notamment en raison des montants colossaux réclamés et des accusations de haute trahison.

Pascal Ngabo

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