Une nouvelle attaque sanglante attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) a fait sept morts ce dimanche 31 mai dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu.
L’incident s’est produit dans le quartier Ngadi, en commune de Ruwenzori. Selon les premières informations, les victimes sont toutes des autochtones pygmées de la communauté Twa.Des rescapés rencontrés sur place affirment que les assaillants ont surgi en pleine nuit. Ils auraient demandé aux habitants de ne pas fuir avant de les exécuter.
« J’ai failli mourir dans cette attaque. Ils sont venus sans que nous nous en rendions compte. Ils nous ont réveillés, puis les coups de feu ont commencé à retentir. Dans la panique, j’ai réussi à quitter le campement. J’étais avec Shukrani Mangese, qui a été tué. Pendant notre fuite, il s’inquiétait du sort de ses parents. En retournant vers eux, il a été abattu à leurs côtés. Nous sommes des pygmées, nous ne connaissons rien à la politique, mais on nous tue », témoigne Mambiya Mubere, survivant de l’attaque.
Les corps des victimes sont restés plusieurs heures sur les lieux avant qu’un groupe de civils en colère ne décide de les transporter sur des brancards de fortune en direction du centre-ville.
Interrogés sur leur destination, les manifestants ont indiqué vouloir déposer les dépouilles auprès des autorités afin de dénoncer l’insécurité persistante dans la région. Cette procession spontanée s’est déroulée au rythme des klaxons et des cris de détresse, rapportent nos confrères d’actualités.cd.
Les forces de sécurité ont rapidement tenté de reprendre le contrôle de la situation. Un important dispositif de la Police nationale congolaise a été déployé pour contenir les manifestants, notamment à proximité du marché de Boikene où un cordon de sécurité a été érigé.Alors que la route menant vers Mavivi était temporairement bloquée, les policiers se sont positionnés pour empêcher la foule d’atteindre le centre-ville.
Des tirs de sommation ont été effectués pour disperser les manifestants. Profitant de la confusion, les forces de l’ordre sont parvenues à récupérer une partie des corps transportés par les protestataires et à les acheminer vers la morgue.Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après celle perpétrée au PK16, dans le territoire de Beni.
Ces derniers mois, les rebelles des ADF ont multiplié les attaques coordonnées dans les territoires de Beni, Irumu et Mambasa, causant la mort de plus de 200 civils en l’espace de deux mois, selon plusieurs sources locales.
Alex Pangandi



