Depuis plus d’un an, le Kivu, région orientale de la République démocratique du Congo, est le théâtre de violences armées, intensifiées par l’offensive menée par le mouveGuerre dans l’Est de la RDC : les populations civiles paient un lourd tribut, le droit international humanitaire piétiné par les belligérants, rebelle AFC/M23 dans les grandes villes de Goma et Bukavu, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Les populations civiles sont prises au piège. Au-delà de l’insécurité grandissante, la situation socioéconomique s’est fortement dégradée, notamment après la fermeture de plusieurs banques et institutions de microfinance.Entre janvier et avril 2026, le gouvernement provincial du Sud-Kivu, délocalisé à Uvira, a accusé formellement le groupe armé AFC/M23 d’avoir organisé et exécuté des opérations de pillage systématique dans le territoire d’Uvira, en violation flagrante du droit international humanitaire.
Ces actes seraient intervenus malgré les assurances de bonne foi présentées par la rébellion au Secrétaire général des Nations unies en janvier dernier.
Selon un rapport détaillé des autorités provinciales, le prétendu « retrait militaire » observé dans la ville aurait servi de couverture à une vaste opération de prédation économique.
Au total, 162 camions — dont 49 de type Wowo et 113 de type Ben — auraient quitté Bukavu non pas dans le cadre d’un mouvement tactique, mais pour transporter illicitement vers le Rwanda des biens appartenant à l’État congolais ainsi qu’à des particuliers.
Les conséquences humanitaires dénoncées sont graves :
Aggravation de la crise alimentaire dans la région ; augmentation drastique du coût de la vie pour des populations déjà vulnérables ;imposition d’une punition collective aux civils, privés de leurs biens et moyens de subsistance. Face à cette situation, le gouvernement du Sud-Kivu lance un appel solennel à la communauté internationale, notamment :
Aux Nations unies et à la MONUSCO ; à l’Union africaine ;à la Cour pénale internationale (CPI) ; ainsi qu’aux principales organisations de défense des droits humains.
Les autorités provinciales exhortent ces institutions à documenter ces crimes de manière urgente et indépendante, et à engager des poursuites judiciaires contre leurs auteurs et commanditaires.
Par ailleurs, selon plusieurs rapports de Human Rights Watch et de Amnesty International, le groupe rebelle M23 est accusé de graves violations du droit international humanitaire dans l’est de la RDC, notamment des exécutions sommaires, des viols et des attaques ciblées contre des civils. Ces exactions, qui incluraient également des abus à Uvira et des massacres près du Parc national des Virunga, sont documentées comme des crimes de guerre impliquant aussi le soutien de forces militaires rwandaises.
Depuis la prise de la ville de Goma en janvier, le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs organisations internationales, aurait mené des descentes dans des hôpitaux, enlevant des patients dans leurs lits, parmi lesquels des civils et des soldats congolais hospitalisés, avant de les soumettre à des actes de torture, selon Amnesty International.
L’organisation affirme également avoir recueilli des informations faisant état de viols collectifs commis par des éléments du M23, ainsi que de mauvais traitements infligés à des défenseurs des droits humains après la prise de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, le 27 janvier, puis de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, le 16 février.
Pascal Ngaboyeka



