À l’occasion de la Journée nationale de la presse en République démocratique du Congo, les professionnels des médias du Sud-Kivu se sont réunis, dimanche 26 juillet à Bukavu, pour une journée de réflexion consacrée à l’avenir du journalisme face aux mutations technologiques.
Organisée par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Sud-Kivu, avec l’appui de la Coopération suisse, cette rencontre a été placée sous le thème : « Journalisme et numérique : quels défis ? ». Journalistes, responsables des médias, enseignants et experts ont échangé sur les opportunités qu’offre la révolution numérique, mais aussi sur les défis qu’elle impose à la profession.
Intervenant comme facilitateur du principal panel, le journaliste, formateur et enseignant d’université Ernest Muhero a rappelé que les médias traditionnels ne peuvent plus évoluer en marge de la transformation numérique.
L’avenir de la radio et de la télévision face aux plateformes numériques et aux podcasts.
Le facilitateur a estimé qu’il était indispensable, à l’occasion de cette Journée nationale de la presse, de réfléchir collectivement aux moyens permettant aux médias de Bukavu de s’adapter aux nouvelles réalités technologiques.

Pour lui, le numérique représente autant une opportunité qu’un défi qui oblige les rédactions à repenser leurs méthodes de travail tout en préservant les principes fondamentaux du métier.
Parmi les recommandations formulées, Ernest Muhero a plaidé pour la création d’équipes de fact-checking au sein des rédactions afin de lutter efficacement contre la désinformation et les fausses nouvelles.
Il a également encouragé chaque média, y compris les plus traditionnels, à développer une véritable présence numérique à travers des plateformes performantes, tout en faisant de la vérification systématique des informations une priorité absolue.
L’Éthique et crédibilité de l’information dans l’univers numérique.
Face à la prolifération des contenus sur les réseaux sociaux, il a rappelé que la principale force du journaliste demeure son attachement à l’éthique, à la déontologie et au recoupement des sources.
« Ce qui distingue le journaliste du créateur de contenu ou de l’influenceur, c’est le respect des règles professionnelles, la prudence et la crédibilité de l’information », a-t-il souligné.
Le président sectionnaire de l’UNPC/Sud-Kivu, Darius Katoka, a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les médias afin de bâtir une presse plus professionnelle, responsable et crédible.
Selon lui, les mutations numériques exigent une véritable mutualisation des efforts, aussi bien dans le partage des compétences que dans la défense des valeurs fondamentales du journalisme. Il a invité les professionnels des médias à privilégier l’unité, la collaboration et le respect des règles déontologiques pour relever ensemble les défis de cette nouvelle ère.
Par ailleurs, la question de l’inclusion du genre dans les médias a également été abordée par Mariam Kitoka, qui a plaidé pour une représentation plus équilibrée des femmes dans les rédactions comme dans les contenus médiatiques.
Elle a encouragé les médias à promouvoir l’égalité des chances, à valoriser les compétences féminines et à produire des informations sensibles au genre, estimant qu’une presse inclusive contribue davantage à la cohésion sociale et au développement démocratique.

Au-delà des panels et des échanges techniques, cette célébration a offert aux professionnels des médias un moment de retrouvailles et de convivialité, renforçant les liens de solidarité entre journalistes.
Bien que célébrée officiellement chaque 22 juillet en République démocratique du Congo, la Journée nationale de la presse a été commémorée à Bukavu avec quelques jours de décalage. Les participants en sont repartis avec une conviction commune : à l’heure où l’information circule en temps réel sur les plateformes numériques, le journalisme ne peut plus se limiter aux pratiques traditionnelles.
L’avenir de la profession repose désormais sur sa capacité à innover, à s’adapter aux nouveaux outils et à préserver, plus que jamais, les exigences de crédibilité, de rigueur et de responsabilité qui fondent sa mission au service du public.
Pascal NGABOYEKA



