Journée nationale de la liberté de la presse : au Sud-Kivu, l’UNPC appelle à une refondation du journalisme à l’ère du numérique et des conflits

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À l’occasion de la Journée nationale de la liberté de la presse célébrée le 22 juillet en République démocratique du Congo, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Sud-Kivu, a lancé un appel en faveur d’une presse davantage libre, indépendante, professionnelle et capable de s’adapter aux profondes mutations du paysage médiatique.

Dans une province confrontée depuis plusieurs années aux conséquences des conflits armés, des déplacements des populations et des crises humanitaires, l’organisation estime que le rôle des médias demeure plus que jamais essentiel pour informer, sensibiliser et contribuer à la consolidation de la paix.

S’exprimant lors d’un point de presse organisé à Bukavu, le président provincial de l’UNPC/Sud-Kivu, Darius Kitoka, a placé cette commémoration sous le thème : « Face aux mutations numériques, comment mutualiser les efforts pour une presse plus professionnelle au Sud-Kivu ? », avec comme sous-thème : « Comment mutualiser les efforts pour une presse plus libre et plus indépendante au Sud-Kivu ? ».

Une réflexion qui intervient dans un contexte où les journalistes font face à plusieurs défis, notamment les restrictions liées à l’environnement sécuritaire, les pressions diverses, la désinformation en ligne et les difficultés économiques qui fragilisent les entreprises de presse.

Une presse confrontée aux réalités d’un contexte de guerre

Dans l’Est de la RDC, particulièrement au Sud-Kivu, l’exercice du journalisme reste marqué par des réalités complexes. Les conflits armés, les tensions communautaires et l’instabilité sécuritaire exposent régulièrement les professionnels des médias à des risques importants dans l’accomplissement de leur mission.

Malgré ces contraintes, les journalistes continuent de jouer un rôle central dans la documentation des événements, la diffusion d’informations fiables et la promotion du dialogue entre les communautés. Pour l’UNPC/Sud-Kivu, la liberté de la presse ne doit pas seulement être considérée comme un principe juridique, mais comme un pilier indispensable de la démocratie et de la cohésion sociale.

Dans un environnement où les rumeurs circulent rapidement, notamment à travers les réseaux sociaux, la responsabilité des médias devient encore plus grande.

Le numérique : un défi mais aussi une opportunité

Face à l’évolution rapide des technologies de l’information et de la communication, l’UNPC appelle les professionnels des médias à renforcer leurs capacités afin de mieux répondre aux exigences du journalisme moderne.

La transformation numérique offre de nouvelles possibilités de diffusion de l’information, mais elle impose également de nouveaux défis, notamment la lutte contre les fausses informations, la vérification des sources et le respect strict de l’éthique professionnelle. Darius Kitoka a insisté sur la nécessité de mutualiser les efforts entre journalistes, organisations professionnelles, partenaires techniques et acteurs de la société civile afin de bâtir une presse plus résiliente et mieux préparée aux enjeux actuels.

Valoriser la Journée nationale de la liberté de la presse

Le président provincial de l’UNPC a également regretté la faible visibilité accordée à cette journée nationale, pourtant célébrée chaque 22 juillet en RDC.

Selon lui, cette date mérite une reconnaissance particulière, car elle rappelle les réalités spécifiques auxquelles fait face la presse congolaise.« Nous ne devons pas nous limiter à la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Il est tout aussi important de valoriser notre Journée nationale, qui rappelle les réalités propres à la presse congolaise », a-t-il souligné.

Les activités commémoratives se poursuivront le samedi 26 juillet 2026 à Bièga Terrasse, dans la commune de Bagira toujours à Bukavu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). Cette rencontre vise à renforcer l’engagement des professionnels des médias autour d’une vision commune : promouvoir une presse indépendante, crédible et engagée au service du citoyen.

Dans une région où l’accès à une information fiable constitue un enjeu majeur en période de crise, l’UNPC/Sud-Kivu rappelle ainsi que défendre la liberté de la presse revient aussi à défendre le droit des populations à être informées, à comprendre les événements qui les entourent et à participer pleinement à la construction de la paix.

Pascal NGABOYEKA

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