Le 4 mai 2023 reste une date douloureuse dans la mémoire des habitants du territoire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu. Plus de trois ans après les glissements de terrain meurtriers qui ont frappé les villages de Bushushu et Nyamukubi, les blessures de cette catastrophe naturelle restent encore ouvertes.
Plus de 5 000 personnes n’ont jamais répondu à l’appel de leurs proches, près de 1 000 corps ont été retrouvés, des villages entiers ont été dévastés et des centaines d’enfants se sont retrouvés orphelins. Une tragédie humaine qui continue de marquer profondément plusieurs familles.Longtemps après le drame, les survivants vivent toujours dans des conditions humanitaires difficiles.
Installées notamment à Katashola, Mushonezo, Lwako, Kasirisiru ainsi que dans les camps Amani à Cabondo, plusieurs familles font face au manque de nourriture, à l’insuffisance d’eau potable et aux maladies liées aux conséquences de la catastrophe. La destruction des terres agricoles a également privé de nombreux ménages de leurs principales sources de revenus, aggravant la précarité et la malnutrition.
Selon Rushisha Crispin, acteur communautaire local, les couches les plus vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec handicap, restent les plus touchées par cette situation. Parmi eux, des enfants ayant perdu leurs parents tentent de survivre dans un environnement marqué par l’absence de soutien familial et les difficultés quotidiennes.

Le chef du sous-village de Bushushu, Polepole Mulengebyuma Paul, appelle à une intervention urgente des autorités et des organisations humanitaires. Il plaide pour une assistance en vivres, en eau potable, en semences et en intrants agricoles afin de permettre aux familles affectées de reprendre progressivement leurs activités.
Il rappelle que les champs de haricots, de maïs, de manioc, les bananeraies ainsi que les arbres fruitiers ont été fortement détruits, compromettant la sécurité alimentaire de plusieurs communautés.Plus de trois ans après, Bushushu et Nyamukubi restent le symbole d’une catastrophe dont les conséquences humaines et sociales se font encore sentir.
Derrière les chiffres se cachent des vies brisées, des familles séparées et des communautés qui luttent chaque jour pour se relever. Les survivants lancent un nouvel appel à la solidarité afin que leur souffrance ne soit pas oubliée et que la reconstruction devienne enfin une réalité.
Pascal NGABOYEKA



