François Rubota appelle Moïse Nyarugabo et Azarias Ruberwa à décourager toute implication de leur communauté dans la guerre à Minembwe
L’ancien ministre François Rubota lance un appel direct à Moïse Nyarugabo et à Azarias Ruberwa Manywa, les exhortant à ne pas entraîner leur communauté dans le conflit qui secoue actuellement la région de Minembwe, dans le Sud-Kivu. Selon lui, cette partie du territoire congolais ne devrait en aucun cas devenir un champ de bataille au profit d’intérêts étrangers, en particulier ceux du président rwandais Paul Kagame.
Dans une longue adresse, François Rubota affirme suivre avec inquiétude l’évolution de la situation sécuritaire à Minembwe. Il rappelle avoir déjà interpellé Moïse Nyarugabo par le passé, notamment après ses déclarations tenues à Kamanyola. Aujourd’hui, dit-il, son inquiétude est davantage motivée par les conséquences humaines de la guerre qui frappe une région où vivent de nombreuses familles.
S’adressant particulièrement aux membres de la communauté banyamulenge, il soutient qu’avant les conflits des années 1990, ceux-ci vivaient et étudiaient dans plusieurs localités des territoires de Fizi, d’Uvira, de Walungu, de Kabare, de Mwenga ou encore de Shabunda, sans, selon lui, être victimes de discrimination systématique. Il cite notamment Lulimba, Misisi, Baraka, Fizi, Kiliba, Sange, Lemera, Kaziba et plusieurs autres localités où, affirme-t-il, les élèves étaient accueillis au sein des familles d’autres communautés.
Pour François Rubota, la situation actuelle trouve son origine dans les événements ayant entouré le Front patriotique rwandais (FPR) au début des années 1990.
Il estime que cette orientation politique a progressivement conduit à la détérioration de la cohabitation entre communautés dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’ancien ministre appelle ainsi les responsables politiques banyamulenge à renoncer à toute logique de confrontation et à privilégier la paix.
Selon lui, les pertes humaines enregistrées à Minembwe sont trop lourdes pour justifier la poursuite des hostilités. Il affirme qu’aucune communauté ne sera déplacée de son terroir par la force et estime qu’il est inutile de faire la guerre pour revendiquer une terre où l’on vit depuis des générations.
François Rubota invite également les membres de cette communauté à reconnaître, selon ses termes, les erreurs commises et à demander pardon à la nation congolaise afin de favoriser la réconciliation.
Il soutient que la République démocratique du Congo et le Rwanda sont condamnés à vivre dans un climat de bon voisinage et que seule une coopération pacifique permettra d’assurer une stabilité durable dans la région.
Évoquant le président Paul Kagame, François Rubota estime que celui-ci a déjà marqué l’histoire de son pays après trois décennies au pouvoir et l’invite à privilégier une sortie honorable.
Enfin, il se dit préoccupé par certains discours qu’il juge menaçants à l’encontre des personnes opposées à la guerre au sein même de la communauté banyamulenge. Selon lui, ces propos témoigneraient d’un climat de tension qui ne contribue ni à la paix ni à la cohésion sociale. Il conclut en affirmant ne pas croire que cette évolution corresponde à la vision portée autrefois par le défunt Frédéric Gisaro Muhoza.
Alex Pascal



