La sortie médiatique de Joseph Kabila depuis Goma a jeté un froid sur la scène politique congolaise. Dans un contexte déjà tendu, marqué par des projets avortés de sécession dans l’Est, l’ancien président n’a pas seulement critiqué le régime de Félix Tshisekedi : en évoquant une « soudanisation » du pays, il a ravivé les craintes d’une fragmentation de la RDC et d’un scénario de division qui semblait jusqu’ici éloigné.
Dans cet entretien du 20 mars, l’ancien chef de l’État ne s’est pas limité à critiquer le régime de Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « dictature » : il appelle à « mettre fin » à cette « tyrannie » et évoque la notion de « soudanisation » pour décrire la situation congolaise.
Ce parallèle avec le Soudan — pays marqué par des conflits internes prolongés et une fragmentation territoriale — alarme analystes et observateurs, qui y voient une banalisation d’un scénario de division du pays. La prise de parole de Kabila à Goma, épicentre des tensions et zone sous forte influence de l’AFC/M23, renforce les soupçons d’un discours en décalage avec l’objectif d’unité nationale.
En décembre 2025, plusieurs sources avaient déjà signalé un projet de proclamation d’un nouvel État dans l’Est, la « République des Volcans », visant à légitimer politiquement le contrôle territorial exercé par la rébellion. Bien que ce projet n’ait jamais été acté, il avait suscité une inquiétude nationale et internationale.
Pour ses détracteurs, l’évocation d’une « soudanisation » ne se limite pas à une alerte : elle instille dans l’opinion l’idée que la fragmentation du pays serait inévitable, voire déjà amorcée, fragilisant la résistance nationale face aux tentatives de balkanisation. Ce discours, mis en parallèle avec les stratégies de terrain de l’Est, soulève de sérieuses préoccupations quant à la convergence entre ambitions territoriales et radicalisation politique.
Face à ces défis, Kinshasa maintient sa ligne : préserver l’intégrité territoriale et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays. Dans ce contexte, la sortie de Joseph Kabila, en introduisant l’idée d’une possible « soudanisation », apparaît comme un signal politique lourd de conséquences pour l’unité nationale.
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