En République démocratique du Congo, la question d’un éventuel changement de la Constitution refait surface dans le débat politique et suscite de vives réactions. Plusieurs acteurs politiques et sociaux expriment leurs réserves face à cette démarche, tandis que des figures de la majorité présidentielle affirment leur détermination à aller de l’avant avant les élections prévues en 2028.
Le débat s’est intensifié après la sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, qui a estimé que la RDC ne souffre pas d’un problème de texte constitutionnel mais plutôt d’un problème d’hommes chargés de l’appliquer.
La réaction n’a pas tardé du côté de la majorité au pouvoir.
Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya, a rétorqué que la Constitution sera bel et bien modifiée, affirmant que son camp dispose d’arguments solides pour justifier cette réforme.
Dans la même dynamique, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, a déclaré que la majorité parlementaire de l’Union sacrée permettra d’aboutir à ce projet. « Nous irons aux élections de 2028 avec une nouvelle Constitution. L’Union sacrée a la majorité au Parlement, rien ne va nous empêcher de changer la Constitution », a-t-il affirmé.
Ces positions ne font toutefois pas l’unanimité. Plusieurs voix discordantes, issues de l’opposition, de la société civile et de certains milieux religieux, considèrent cette initiative comme une tentative de diversion face aux défis majeurs auxquels le pays est confronté. Selon ces critiques, les priorités devraient plutôt porter sur le rétablissement de la paix, notamment dans l’est du pays, ainsi que sur l’amélioration des conditions sociales de la ppopulation
Dans ce contexte, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a également exprimé son inquiétude. Le prélat catholique s’interroge sur la pertinence d’un tel débat au regard des urgences nationales.
« Comment peut-on dépenser beaucoup d’énergie et de l’argent à parler de changement de la Constitution au lieu de s’occuper de cette jeunesse abandonnée ? », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants à concentrer leurs efforts sur les véritables préoccupations du peuple congolais.
Pascal Ngaboyeka



