Un glissement de terrain a une fois de plus frappé le site minier de Gasasa, situé à cinq kilomètres de Rubaya-Centre, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, dans la soirée du mardi 3 mars 2025.
Alors que les recherches se poursuivent, les habitants craignent un bilan largement supérieur à 200 victimes, en se basant sur le nombre de creuseurs et de petits commerçants présents quotidiennement sur ce site riche en coltan.
À Rubaya, l’atmosphère reste lourde : de nombreuses familles sont toujours sans nouvelles de leurs proches ensevelis sous les décombres.
Les opérations de secours s’organisent tant bien que mal pour retrouver d’éventuels survivants ou extraire les corps, dans un contexte où l’accès à l’information est fortement restreint et où certains témoins ayant filmé la scène auraient été interpellés.
Ce drame survient sur un site déjà classé comme dangereux. Selon des témoignages, la zone, marécageuse et fragilisée par des excavations successives, présentait des signes évidents d’instabilité, même en l’absence de pluie au moment de l’éboulement.
Les habitants s’interrogent sur l’absence de mesures d’interdiction, d’autant que ce même carré minier avait déjà connu un éboulement meurtrier le 28 janvier dernier, faisant plus de 400 morts selon des sources locales et officielles.
Malgré ces précédents, les creuseurs étaient retournés sur place faute d’alternative économique, illustrant la précarité et les conditions extrêmement dangereuses de l’exploitation artisanale dans cette partie du pays.
Sylvestre Bazibukage



