À Kinshasa, Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a été interpellé dans la nuit de samedi à dimanche par les forces de sécurité.
Aux environs de minuit, un important dispositif sécuritaire a fait irruption au domicile de l’ancien président de l’Assemblée nationale avant de l’emmener vers une destination inconnue.
Selon plusieurs témoins présents sur place, aucune explication officielle n’a été donnée quant aux motifs de cette interpellation. Pour rappel, Aubin Minaku est ancien chef de corps et ex-député national.
Une arrestation au timing troublant
Cette interpellation intervient à la veille de l’arrivée à Kinshasa des envoyés spéciaux du président angolais João Lourenço, attendus pour des concertations avec l’opposition non armée autour des modalités de retour de la paix en République démocratique du Congo.
Dans l’opinion publique, le timing de cette arrestation nocturne soulève de nombreuses interrogations. Pour plusieurs observateurs, ces opérations menées de nuit, assimilées par certains à des enlèvements, ciblant des représentants officiels du Sénateur à vie Joseph Kabila à Kinshasa, pourraient s’inscrire dans une stratégie visant à empêcher toute interaction avec les médiateurs angolais et, par ricochet, à fragiliser le processus de paix en gestation.
Doutes sur la volonté politique et la crédibilité des services de sécurité
Cette situation alimente le doute quant au professionnalisme et à l’indépendance des services de sécurité, laissant perplexes de nombreux patriotes congolais ainsi que la communauté internationale.
Deux hypothèses dominent le débat : s’agit-il d’une manœuvre politique destinée à éviter un dialogue sincère de vérité et de réconciliation entre Congolais, par crainte de s’y engager pleinement ? Ou bien d’actes maladroits traduisant la fébrilité d’un régime qui n’en mesure pas les conséquences sur la scène nationale et internationale ?
Appel à la réconciliation nationale.
Dans une analyse imagée, un acteur politique, cité sous le nom de M. Didier Kamerhe, compare la rivalité entre les deux figures centrales de l’ancien couple politique FCC-CACH à l’imbroglio ayant suivi la séparation artistique entre Papa Wemba et Koffi Olomidé après l’album Wake Up.
Si les Congolais savent aujourd’hui « qui a roulé qui », l’essentiel, selon lui, n’est pas de lever le voile sur les secrets d’État liés au divorce politique, mais de réussir une véritable réconciliation nationale.
L’espoir demeure que le processus de dialogue de vérité et de réconciliation, sous l’égide du président João Lourenço, surmonte les obstacles dressés par les ennemis de la paix.
L’objectif majeur reste la réconciliation entre le Sénateur à vie Joseph Kabila Kabange et son successeur, le président Félix Tshisekedi Tshilombo, afin de restaurer la cohésion nationale et la paix durable en RDC.
Un tel aboutissement apporterait, selon cette analyse, un soulagement tant aux pères spirituels de l’ECC-CENCO, à l’opposition armée et non armée, qu’aux populations de l’Est du pays, victimes des affres récurrentes des guerres dites de « pseudo-libération », écrit Dr Didier Kamerhe.
Par Pascal Ngaboyeka



