Plusieurs sociétés chinoises mènent des activités d’exploitation minière en République démocratique du Congo (RDC), en particulier dans la province du Sud-Kivu, considérée comme l’une des principales régions aurifères du pays.
Un nombre significatif de ces entreprises opèrent toutefois en marge de la législation nationale, souvent sous couvert d’anonymat et bénéficiant, selon diverses sources locales, de complicités au sein de certaines autorités basées à Kinshasa qui en tireraient profit.
La situation s’est dégradée avec l’extension du contrôle territorial exercé par les groupes armés, notamment la coalition AFC/M23, sur une vaste partie de la province.
Alors que de nombreux ressortissants étrangers avaient quitté la zone, certains opérateurs chinois sont restés actifs dans les sites miniers, échappant de fait à tout encadrement étatique.
Attaque de Karhembu (Territoire de Walungu)
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené des frappes aériennes au moyen de drones et d’un avion de chasse de type Sokoï sur le site aurifère de Karhembu, situé à la jonction des territoires de Walungu, Mwenga et Shabunda.
L’opération ciblait des positions attribuées à la coalition rebelle AFC/M23. Les dommages humains et matériels sont décrits comme importants.Selon un chef local, le bilan fait état d’au moins trois ressortissants chinois décédés, d’autres sources parlent de sept, d’une dizaine d’ouvriers congolais tués ainsi que de plusieurs blessés parmi les travailleurs congolais et chinois.
Une mini-usine de traitement d’or installée sur le site a également été détruite.Un rescapé rapporte que « les corps ont été rassemblés par zones, et les blessés pris en charge séparément ».
Des sources sécuritaires confirment que l’avion Sokoi « a bombardé une mine exploitée illégalement par des ressortissants chinois en collaboration avec les rebelles du M23 », un site situé près de l’axe routier principal.
L’infrastructure, demeurée active malgré sa localisation dans une zone sous contrôle des rebelles, constituait selon plusieurs observateurs l’un des pôles économiques significatifs du mouvement.
Les frappes ont provoqué une dispersion immédiate des exploitants présents. D’après un acteur de la société civile locale, « les ressortissants chinois ont quitté précipitamment la mine pour se réfugier à Bukavu ». L’identité précise de la société impliquée n’était connue ni des autorités locales ni du gouvernement provincial.
Situation actuelle à Karhembu
Après l’évacuation des équipements et du personnel chinois vers Bukavu les jours suivants, ainsi que le retrait des éléments de l’AFC/M23, le site a été repris conjointement par les FARDC et les forces burundaises selon les déclarations d’un opérateur économique local.
À la date du dimanche 23 novembre, plusieurs sources indiquent que la mine est désormais largement détruite. Les autorités congolaises chercheraient notamment à empêcher toute réoccupation du site par des groupes armés susceptibles d’en tirer des ressources illicites.
Malgré ces opérations, la situation demeure instable, et les communautés locales restent plongées dans l’incertitude.Par ailleurs, il est rapporté qu’une partie des ressortissants chinois évacués de Karhembu ont quitté Bukavu pour rejoindre le Rwanda, tandis que d’autres se sont dirigés vers Goma.
Marie Van



